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Les ciriers du Mans

À partir du XVIe siècle, la ville du Mans fut réputée pour la fabrication de la cire. Au siècle suivant, on comptait de 25 à 30 ciriers répartis dans les différents quartiers de la ville.

Les ciriers ont longtemps utilisé de la cire jaune, avant de commencer à la blanchir au XVe siècle. Cette blanchisserie s’effectuait sur des prés, à la périphérie du Mans. La cire était exposée aux effets du soleil durant des mois, particulièrement d’avril à octobre. Les artisans manceaux fournissaient le Roi et exportaient leur produit à l’étranger, même à la Compagnie des Indes où ils livraient par an au moins 45.000 livres de bougies !

Jusqu’au XVIIIe siècle, les bougies étaient en cire pure d’abeille. Elles étaient marquées à la base par un tampon garantissant cette pureté. Après la Révolution, on n’utilisa plus de cire pure mais un mélange de cire, de paraffine et de stéarine.

Les fabricants de chandelles ou de chandeliers formaient avec les corroyeurs et les mégissiers une corporation remontant au XVe siècle. Pour patronne de leur confrérie, les ciriers du Mans avaient choisi Sainte Geneviève de Paris qu’ils fêtaient le 3 janvier dans la cathédrale. Leurs armoiries étaient « d’azur à une Sainte Geneviève tenant à la main droite un cierge allumé adextré en chef d’un ange et senestré d’un diable tenant un soufflet, le tout d’or ».


Sainte Geneviève de Paris, peinture du XVIIe siècle

L’honneur du métier exigeait des maîtres expérimentés. Pour devenir patron, il fallait être catholique et avoir fait un apprentissage de deux ans chez un marchand cirier avec qui l’on passait contrat devant notaire. Dès le XVIIe siècle, beaucoup de maîtres ciriers se sont élevés jusqu’à la bourgeoisie grâce à leur réussite industrielle.

Le travail de la cire comprenait trois opérations. D’abord le mélange : cire, paraffine et stéarine étaient mélangées dans une bassine de cuivre étamé pour former des pains de 5 à 10 kilogrammes. Le pourcentage des différents produits variait selon la demande, toutefois pour le Clergé, il fallait 30% de cire d’abeille. Puis venait la confection de la baguette. La mèche était fabriquée en tressant plusieurs brins de coton sur un métier, elle était ensuite suspendue au-dessus du tourniquet. Avec une cuiller en cuivre étamé, le cirier versait sur la mèche la cire chaude qui durcissait en descendant. L’opération était renouvelée jusqu’à ce que la baguette soit de la grosseur désirée. La dernière opération était le polissage et la percée. Pour les cierges de petite taille, les baguettes étaient ramollies à l’eau chaude dans une cuve puis percées avec une broche que l’on enfonçait progressivement tout en continuant à modeler la cire avec les mains.


La fonderie d’une manufacture de cire,
d’après l’Encyclopédie

Le premier cirier au Mans fut Jean Hallay qui, en 1613, devint cirier du Roi. Il fut l’inventeur des torches qui se portaient pour les processions du Sacre et de la Fête Dieu. Les principaux ciriers du Mans furent au cours des siècles, Julien Hossard, Jean Leprince, Jean-Baptiste-Jacques Leprince, René Le Romain et Charles Noël Orry.


Jean-Baptiste-Jacques Leprince, décédé en 1782,
(huile sur toile, château d’Ardenay)


Jacques Chaussumier


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