Numéro spécial des 50 ans de La Vie Mancelle & Sarthoise : retrouvez les portraits de Paulette Houdyer, Jacques Gohier, Édith Jacqueneaux, Jeanne Blin-Lefèbvre, Georges Jean et Catherine Paysan dans la rubrique "Lisez sarthois".  
Mercredi 10 mars 2010

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VMS NUMÉRO 409
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Une brève histoire du Mans

La cité des Cénomans existe déjà dès l'Antiquité comme en témoignent les nombreuses découvertes archéologiques et les vestiges toujours visibles sur le terrain (aqueducs, muraille, thermes...). Pour installer leur lieu de vie, les Gaulois choisissent souvent, un coteau proche d'un cours d'eau pour faciliter la défense. La colline du Vieux-Mans qui domine la Sarthe au nord, une zone humide au sud jusqu‘au confluent avec le ruisseau d'Isaac, constitue un site propice. C'est autour de cette butte et de ces cours d'eau que la ville du Mans va se structurer au fil des siècles.

A l'époque romaine, jusqu’au IVe siècle, la cité est surtout implantée sur le sommet de la colline. Au Moyen Age et sous l'Ancien Régime, la ville va progressivement déborder sur les rives de la Sarthe et sur les terrains proches, hors les murs au sud.

A la fin du XVIIIe siècle, la ville et ses faubourgs s'étendent ; 16 000 habitants y sont logés dans 2 600 maisons. En 1802, le Colonel Auvray, premier préfet, dénombre 18 081 Manceaux qui occupent 3 000 demeures dont 300 nouvellement bâties. La zone urbanisée s’étale sur les grands terrains appartenant naguère aux nombreux ordres religieux. Les bourgeois aisés s’installent dans les nouveaux quartiers (Étoile, Prémartine, Greffier).

Après 1830, dans le contexte de développement économique général, la cité connaît une forte croissance grâce au mouvement naturel de la population et au rattachement de plusieurs communes limitrophes absorbées par la ville-centre (Sainte-Croix, Saint-Pavin-des Champs, Saint-Georges-du-Plain, Pontlieue). Vers 1900, le nombre de 60 000 Manceaux est atteint. Le XXe siècle est celui de l’explosion démographique, économique, géographique que l’on sait. La ville continue à grossir de tous côtés et s’approche des 150 000 habitants.

Le Mans fut de tout temps un centre du pouvoir. Tout d’abord, après les Romains vinrent les évêques légendaires, administrateurs, bâtisseurs... (Julien, Liboire, Bertrand, Aldric...), puis les comtes ou ducs, normands puis angevins, devenus rois d’Angleterre ou de France (Guillaume, Geoffroy, Henry Plantagenet, Jean le Bon...). Plus tard (XVIIe, XVIIIe) elle reste le siège d’un des plus grands diocèses de France et conserve une importante fonction administrative et judiciaire.

La ville a connu son cortège d’invasions, de conflits violents et destructeurs (Normands en 844 et 865, Anglais en 1097, 1356 puis 1425, Huguenots, Vendéens, Chouans...). Heureusement, les dernières visites de troupes étrangères (prussiennes en 1815 et 1871, puis allemandes de 1940 à 1944) pour désagréables qu’elles furent pour les Manceaux, ne causèrent pas de destructions majeures.

L’économie repose d’abord sur l’agriculture et l’artisanat traditionnels puis s’enrichit d’une activité industrielle et commerciale à partir du XVIIe siècle. Le textile avec les toiles de chanvre, de lin et surtout l’étamine, la tannerie, le travail de la cire et la production des bougies contribuent à créer de nombreux emplois et de grosses fortunes qui permettent souvent l’édification d’hôtels particuliers de bonne facture dont certains exemples demeurent toujours présents dans le paysage urbain (Leprince, Cureau/Coïndon...). Après 1850, l’activité commerciale s’amplifie, favorisée par l’arrivée du chemin de fer qui choisit Le Mans au détriment d’Alençon. Le train permet l’acheminement rapide des productions agricoles sarthoises pour répondre à la demande parisienne. L’action de grands pionniers, au premier rang desquels figure la famille Bollée, déclenche un nouvel essor industriel autour de l’automobile, des matériels aéronautiques et ferroviaires (en 1970, l’usine Renault emploie 10 300 ouvriers) ; Le Mans bénéficie du mouvement de décentralisation commencé entre les deux guerres. Plus tard, ces activités seront relayées par les produits de haute technologie et par l’avènement de l’ère des services. Mais cette histoire là reste à poursuivre.

Gérard Blanchard.

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